Paysages endormis
Je suis revenu dans mon village natal avec une unique obsession : photographier les paysages de mon enfance, saisir quelque chose de cet endroit où j’ai grandi, joué et rêvé pendant si longtemps. Ces paysages sont les miens, comme si je n’étais jamais parti, comme si je n’étais qu’une excroissance de ces champs, de ces arbres et de ces rivières et que je ne faisais que revenir dans leurs bras.
Ces photos semblent appartenir à un autre temps, avant ou après l’humanité, entre le réenchantement magique de la flore et la sensation d’avoir laissé le monde derrière moi. La nature se métamorphose – elle semble rêver, comme si ces images étaient la manifestation de ses propres songes : sans bonheur ni tragédie, sans joie ni malheur, les émotions de la nature sont discrètes - ces paysages semblent endormis.
























